Tome 1 : Déluge de feu
De Laurent Astier
Colorado, juillet 1900.

C’est la vengeance d’Emily qui constitue le cœur du récit.
Mais Laurent Astier aborde également la question indienne à travers
l’occupation par l’armée des territoires ancestraux de ces populations
autochtones comme pour faire un trait d’union entre tous les opprimés de la
conquête de l’Ouest.
Ce western, sorti dans la foulée d’Undertaker, de L’homme qui
n’aimait pas les armes à feu, ou de Stern,
tire largement son épingle du jeu. Laurent Astier ne manque pas de rendre
hommage à ses illustres prédécesseurs : Jean Giraud en tête, avec un
hommage appuyé à Blueberry, ou encore
les grands films du genre, La prisonnière
du désert de John Ford… Résolument féministe, le personnage d’Emily a la
trempe d’une Chihuahua Pearl (Jean Giraud encore).
Bien documentée, la bande dessinée reprend les grandes
figures du genre : le saloon et ses entraineuses, la poursuite de
l’héroïne, la traversée des territoires indiens, l’armée américaine et son
sergent brutal et abruti… Quelques figures historiques croisent également le
chemin d’Emily : la photographe Annette Rose Hume, les agents Pinkerton…
Le découpage se distingue par son aspect cinématographique. La composition
est différente d’une planche à l’autre. Parfois, il s’agit d’une suite de gros plans
ou de plans rapprochés, mais il y a aussi de grandes cases où les paysages
prennent toute leur place. On imagine alors sans mal les plans séquences dans
un format en cinémascope.
Ce premier
opus, d’une série de cinq albums annoncés, peut sembler un peu touffu à la
première lecture. Il pâtit de la mise en place d’une histoire complexe et dont
on pressent les multiples rebondissements.
L’Ouest sauvage, territoire hostile par définition, est donc
à nouveau le théâtre d’un grand règlement de comptes à travers le destin tragique
d’Emily, comme on le comprend à la fin de ce premier album. A sa façon, cette héroïne
participe à l’émancipation des femmes américaines de ce tout jeune XXème siècle
en combattant l’archaïsme de certains de ses contemporains et leurs pulsions
les plus meurtrières.
Fiche technique :
Scénario, Dessin et Couleur : Laurent Astier
66 pages / Edition : Rue de Sèvres
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire